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Sur le vif : Personnalités
La révélation faite à Michael Bay
On a déjà dit ici tout le bien qu’on pensait de Bad Boys 2, monument de jouissive vulgarité assénée au spectateur sans la moindre ombre de complexe. Alors que Michael Bay met la dernière main à The island, un thriller de science-fiction déjà plus posé que ses précédents films, il apparaît clair que quelque chose a changé chez ce quadragénaire à l’allure d’ours spartiate. Vraiment changé.

M.Popovich, alias Michael Bay



Propaganda (groupe de clippeurs de l'époque): de gauche à droite, Bay, Antoine Fuqua (Training Day), Simon West (Tomb Raider... ) , Dominic Sena (Swordfish) et David Fincher.


Cyberlapinou : Bonjour M. Bay.

Michael Bay : Mmmm.

CL : Bad Boys 2 s’apparentait à un point de non-retour dans votre cinéma. The island, c’est une nouvelle direction ?

MB : The island, c’est déjà du passé.

CL : Oh ?

MB : Pendant le tournage de The island, j’ai reçu un énorme colis de DVDs, visiblement une erreur d’expédition. Il y en avait une bonne vingtaine, des films européens, tous réalisés avant 1985, certains avant même 1960. Jamais je n’aurais cru que cela existait. Je ne sais pas pourquoi, j’ai commencé par un, puis je les ai tous enchaînés. C’était incroyable. C’est ce que je veux faire maintenant.

CL : Qu’il y avait-il parmi ces films ?

MB : J’ai été absolument traumatisé par le Procès de Jeanne d’Arc, de Robert Bresson. Vous connaissez ?

CL : Un peu…

MB : Ce qu’il fait est incroyable, l’épure absolue. Pas de Hans Zimmer, aucun mouvement d’appareil, des plans qui durent parfois trente secondes ! Et c’est même pas en couleur !

CL : Et… C’est ce que vous voulez faire désormais ?

MB : Absolument. A une époque je disais que j’aimais les frères Coen, mais c’était surtout pour pas avoir l’air trop con. Maintenant je me rends compte que les Coen c’est vraiment de la grosse merde commerciale, même Fargo est lourd avec ses gags en direction de la masse. Bresson, voilà la voie à suivre. Vous connaissez aussi Fassbinder ?

CL : Surtout de nom…

MB : Ce mec avait parié de faire trente films avant d’avoir trente ans. Et il a réussi ! Moi je vais avoir quarante ans, et j’ai fait seulement six films. Je suis vraiment un branleur.

CL : Tout de même. Vos films ont parfois été très critiqués, mais il faut quand même s’incliner devant leur maîtrise technique, leur…

MB : … La maîtrise technique c’est de la merde. Du flan.

CL : Euh…

MB : C’est facile de faire des super plans qui se la pètent quand on a les budgets qu’on nous file. J’ai bossé avec Fincher pendant 10 ans à l’époque où on faisait des clips chez Propaganda. Ce mec ne connaît rien à rien. Zéro culture, zéro personnalité, le néant. Les plans séquence de Panic Room, il les a juste faits pour pouvoir frimer en soirée et troncher les greluches qu’il y aura levées. Ce sera le sujet de mon prochain film.

CL : Vous allez faire un film sur David Fincher ?

MB : Je vais faire un film sur moi et David Fincher, d’où le titre : Fincher and me. Le tournage durera autant de temps qu’il le faudra, un an peut-être. Je produis, j’écris, je réalise, je ferai le cadrage, le montage, le mixage. J’assurerai la distribution moi-même. Et je jouerai mon propre rôle.

CL : David Fincher aussi jouera son rôle ?

MB : Non. Il sera joué par Stan Laurel.

CL : Mais… Stan Laurel est mort…

MB : C’est ça l’idée ! David Fincher est un rigolo, un comique, artistiquement mort depuis des années. Alors pour le jouer, je prends… un comique mort. J’ai payé la famille cinq millions pour exhumer le corps. Mais ça vaut le coup.

CL : Et… sans trop en révéler, à quoi ressemblera Fincher and me ?

MB : Le film s’ouvrira sur un plan séquence de dix minutes. J’ai fait fabriquer une caméra spéciale, ultrarésistante, qu’on va fixer sur un vieux F-14 Tomcat que j’ai racheté et fait retaper. Le truc c’est que le F-14 va faire la jonction Los Angeles-New York, en faisant un max d’acrobaties. La caméra enregistrera une image toutes les dix secondes, et ça donnera dix minutes de métrage, très spectaculaire. C’est mon adieu à Los Angeles, mon adieu à mon ancien moi. Ensuite par ordinateur, je ferai le lien entre les images prises du F-14 jusqu’à une fenêtre d’un appartement complètement nu. Juste deux chaises, une caméra, le corps de Stan Laurel et moi. Champ/contrechamp. Une simple conversation.

CL : Qui fera la voix de David Fincher ?

MB : Vous n’avez rien compris. Fincher est un cadavre, joué par un cadavre. Les cadavres ne parlent pas. Je serai le seul à parler.

CL : C’est un court-métrage ?

MB : Sot. Le film durera quatre heures. Il faut bien ça pour exploiter le sujet.

CL : Et… C’est cette voie que vous voulez poursuivre ?

MB : Absolument. J’ai aussi des projets de conversation avec James Cameron, Michael Mann, Martin Scorsese, Brian de Palma, William Friedkin. Je garde pour la fin Andreï Tarkovski, cet incompétent qui s’est prostitué pour séduire les masses. On exhumera là encore le cadavre, mais là on utilisera une technique révolutionnaire à base d’électrodes pour faire parler le corps. Je vais le moucher ce vieux débris. Des idées comme ça, j’en ai des dizaines, des centaines.

CL : Un nouveau Michael Bay, donc.

MB : Ne m’appelez plus Michael Bay. Je suis devenu le Maître Milton Popovich, expert en recherches cinématographiques. Sortez de ma maison. Et faîtes taire ces voix.

Je laissai donc M. Popovich à sa quête d’absolu artistique. Fincher and me est prévu pour 2007. Jerry Bruckheimer serait d’ores et déjà intéressé pour produire la suite de ce qui s’annonce comme un projet exigeant et ambitieux. Souhaitons lui bon courage.
Cyberlapinou,
(1er avril 2005)

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