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Hors de l'Ombre : Littérature
Void Moon
Cassie Black en a assez de la vie qu'elle mène : vendre des voitures de luxe aux nouveaux riches d'Hollywood et passer des entretiens avec Thelma, son maître de conditionnelle.
Sa vie a basculé 6 ans auparavant lorsque Max, son mentor et amant, passe au travers d'une baie vitrée du 20ème étage du Cléopâtra. La seule erreur de leurs cambriolages à Las Vegas.
Elle est prête à commettre un dernier délit, peu lui importe la loi, elle demande juste de quoi prendre un nouveau départ en Europe. Léo lui procure une occasion en or : dévaliser un flambeur pendant son sommeil, chose aisée lorsqu'on a été la meilleure dans ce domaine. Unique inconvénient, et il est de taille, l'arnaque doit se dérouler à Las Vegas, au Cléopâtra justement. Et ceci un soir où la lune est très spéciale... c'est une
Void Moon.
Titre : Void Moon

Auteur : Michael Connelly

Editeur : Warner Bros

Sortie : 2000
Tous Droits Réservés

Autant vous avertir, ce roman est à classer dans la catégorie thriller. Les oeuvres de Michael Connelly sont généralement bien accueillies par la critique pourtant Void Moon ne tient pas toutes ces promesses.

Dans le premier tiers du roman, Connelly introduit l'histoire et le personnage de Cassie Black avec brio. Nous connaissons tout, ou presque, de son histoire, de son caractère, de ce qu'elle a en tête.
A sa sortie de prison, Cassie vend des voitures de luxe dans la banlieue de Los Angeles. Son temps libre est partagé entre les rencontres avec sa responsable de conditionnelle et l'observation à distance de sa fille âgée de 6ans. Tout va bien jusqu'au jour où elle apprend que la famille d'adoption de sa fille désire partir s'installer en Europe. L'idée de ne plus voir ce qu'elle a de plus cher au monde lui est impossible, elle décide de se donner les moyens de la suivre sur le vieux continent. Pour cela il lui faut un passeport et de l'argent. La seule solution est de réussir un dernier coup comme ceux avant cette nuit à Las Vegas, 6 années auparavant. Léo lui fournit un plan : dévaliser un flambeur de Las Vegas durant son sommeil. Le seul ennui pour Cassie est de vaincre ses vieux démons: le coup doit se dérouler à Las Vegas, dans le même casino qui a vu la perte de son amant et coéquipier, Max.

L'intrigue est fixée, Connelly décrit maintenant l'organisation et le déroulement du crime, il relate avec précision les moindres faits et gestes des protagonistes. Cette obsession du détail a le mérite de tenir en haleine le lecteur. Le taux d'adrénaline de Cassie et du lecteur croissent de manière synchrone. Connelly ralentit exagérément le temps dans cette partie du récit, cela procure une sensation d'éternité et augmente de façon significative le suspens. Le couperet tombe au milieu du livre. La victime en question n'est pas un flambeur mais un contact de Floride chargé de payer en cash (2,5 millions de dollars) la moitié du casino. Vincent Grimaldi, directeur du Cléopâtra place alors J. Karch sur l'affaire. Détective véreux, mais efficace, celui-là même qui provoqua la chute de Max.
A partir de cet instant, l'histoire tombe dans une invraisemblance totale. Ce Karch sème la mort partout autour de lui, il ne commet aucune erreur et retrouve la trace de Léo, de Cassie et de sa fille en un temps record. Le lecteur se retrouve alors comme devant un mauvais feuilleton américain, l'atmosphère du polar a disparu. Tout se passe à grande vitesse, le suspense peine à survivre, la lecture attentive de la fin du récit devient presque inutile tellement on devine l'épilogue. Cela est dû en grande partie à la profusion de détails concernant l'histoire passée de l'ensemble des personnages. Ils se retrouvent aujourd'hui, à l'exception de Max, mais cette fois les rôles risquent de s'inverser...

C'est là le principal reproche que l'on peut faire au roman. Cependant ce manque cruel de suspens dans la seconde partie présente tout de même un aspect positif. Les scènes se déroulent plus rapidement, le lecteur est embarqué aux côtés de l'ignoble Karch lors de sa macabre course poursuite, et se retrouve plongé au coeur de l'action pure et dure. Celle-ci fait un peu oublier le manque de suspens.
Enfin pour ceux d'entre vous qui ont envie de lire un roman noir américain dans sa version originale, malgré les petits défauts présentés ci-dessus, précipitez-vous. Le vocabulaire utilisé est simple mais précis, les descriptions compréhensibles. L'argot, souvent difficile à comprendre, a peu de place, l'exception étant bien sûr les phases de dialogues.  

Vincent LAPERE
(29 octobre 2001)


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