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Hors de l'Ombre : Bande Dessinée.
Vlad ou La Marche du Loup
Lorsque la réapparition d’un frère en fuite devient la condition sine qua none d’un héritage vital, Vlad reprend du galon et entame une poursuite en aveugle, déclenchant les foudres de l’organisation qui le traque en parallèle. Découvrez la Russie du prochain siècle.
Titre : Vlad

Scénario : Y. Swolfs

Dessin et couleurs : Griffo

Edition: Editions du Lombard (5 tomes)

Sortie : 2000
Tous Droits Réservés

Présentations de la famille. Vlad est un ancien militaire, Vlad est Russe, Vlad évolue dans un futur proche qui prolonge notre univers actuel plus qu’il ne le réinvente, et Vlad recherche son frère. L’ex-capitaine Zolkoff, « Capitaine-Loup » pour ses camarades du front, survit en louant ses talents auprès de maffieux et financiers divers mais tous paranoïaques, prêts à payer pour profiter de sa protection l’espace d’un trajet. C’est dans ce contexte glauque qu’il apprend le décès de sa mère, le legs de sa fortune aux deux fils qu’elle n’a plus revu depuis des années et la condition de ce legs : retrouver la trace de son frère jumeau, beau gosse coutumier des trafics et magouilles à la petite semaine. Une légitime impression de déjà-vu pour le vétéran, qui depuis leur enfance protège son « cadet » et le sort des embrouilles. Sans empressement, sans illusions, mais avec une rancoeur grandissante, qui l’a fait depuis prendre d’autres chemins que celui de ce turbulent double. C’est donc blasé, un rien cynique, que le soldat reprend du service pour la cause familiale, avec cette fois un joli magot à la clef.

Ingrédients d’une série efficace
. On l’aura compris à la lecture précédente, Vlad semble tout offrir d’une redite : aigri par la société au sein de laquelle, après avoir épousé ses valeurs, il doit digérer sa mise au rencard ; la quête d’un frère mystérieusement disparu, pour des raisons relativement obscures ; les péripéties attendues d’un voyage au travers d’un pays rongé par la corruption protéiforme ; le cheminement du héros entre réflexes mis à l’épreuve et souvenirs lancinants. Ce serait pourtant faire peu de cas du scénario prenant que Swolfs développe, judicieusement servi par les pinceaux de Griffo, dont les couvertures sont particulièrement réussies, finement adaptées au propos général. Vlad se révèle un homme d’action aux gestes accomplis, ce que l’on suppose être son domaine de compétence ; mais aussi un frère meurtri de longue date, très jeune confronté à la tradition familiale et la partition de l’attachement de ses parents - lui, la fierté d’un père colonel et Igor, le favori de sa mère - ; un homme intelligent, prompt à saisir les ressorts politiques d’une affaire qui dépasse rapidement le règlement de la succession ; un être attachant, enfin, d’une générosité pudique, mais sans faille pour les écorchés qu’il croise sur sa route. Sans aller jusqu’à parler de quête initiatique, la route qui mène Vlad vers des retrouvailles teintées de rancune lui en apprend autant sur ses racines et son pays que sur ce frère insaisissable.

Figures secondaires et récit d’anticipation. Le pays au sein duquel évolue Vlad est tout à la fois livré aux trafics en tous genres, aux destinées politiques qui parcourent l’histoire d’une Russie multiculturelle et déboussolée (ultranationalisme, libéralisme forcené et appareil communiste moribond), à la déliquescence d’une filière atomique incontrôlée, dont les restes pourrissants ont donné lieu à la création des « zones rouges », lieux de contamination radioactives et désormais inaccessibles, suspectes et effrayantes. Les décisions qui vont influer sur le devenir de Vlad et ses compagnons de fortune sont prises en très haut lieu, au nom de l’on ne sait quel projet sinistrement motivé. Cependant quelques personnages vont croiser Vlad et l’aider de leur mieux, selon une éthique certes imbibée de l’expérience d’un monde sans compromis pour l’être humain, mais riche de combats communs, de respect pour d’anciennes traditions et d’affection pour celui qui, bon gré mal gré, retrouve à leur contact un frère qu’il n’évoquait plus. Bien que constamment plongé dans une atmosphère tendue, pourvu de scènes d’action au style éprouvé, c’est au final nostalgie diffuse et détermination farouche qui donnent à l’oeuvre son caractère original. Ainsi qu’un peu de chaleur humaine, çà et là, ultime refuge de l’individu aux prises avec une solitude résolument moderne. L’ensemble n’est pas sans rappeler, y compris au niveau du dessin, le travail d’un certain Enki Bilal, l’aspect mythologique de l’oeuvre mise de côté. A lire sans attendre, après cinq tomes déjà parus.

Uncle Chop
(27 janvier 2003)

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