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Enquêtes : Comme un Air de Famille
Comment je me suis vengé (ma vie relationnelle)
Comment s’octroyer une belle vengeance, lorsque l’occasion s’en fait sentir ? De quelle manière prendre sa revanche, une fois pour toutes, histoire d’avoir le dernier mot ? Quel modus operandi sélectionner pour éviter de bâcler le travail et laisser derrière soi comme une odeur de soufre ? A toutes ces questions, voici la solution ! Je vous propose ici un petit exposé de la démarche à suivre, de manière à ne rien négliger, tout en apportant la touche de panache à laquelle, jeunes chenapans, vous n’auriez pas pensé ! Et plutôt que de procéder en amateurs, ayons le bon goût de faire appel aux hommes de l’art : Wilson (L’anglais / The Limey, 1998), Porter (Payback, 1999) et Carter (Get Carter, 2000). Ces présentations faites, entrons dans le vif du sujet au travers de six règles simples, dont la formulation concise optimisera, je l’espère, votre mémorisation.
Tous Droits Réservés
Tous Droits Réservés
Tous Droits Réservés
Réalisation :
Steven Soderbergh
Scénario : Lem Dobbs
Réalisation :
Brian Helgeland
Scénario : Brian Helgeland
Réalisation : Stephen Kay
Scénario : David McKenna


First rule : The nowhere man. Qui a besoin de connaître votre nom ? Certainement pas quelqu’un qui vous veut du bien. Alors balancez au rebut cette banale habitude de déclamer votre état-civil à chaque nouveau venu ! Même s’il cogne un peu fort, c’est déjà bien assez de lui filer votre patronyme. Règle n°1 : moins vous en dites, plus l’on en craint. Vous êtes l’homme de nulle part, mais pas de n’importe où : ceux qui vous ont croisé s’en souviennent, votre passé se lit dans vos yeux (Wilson), vos rides (Porter) ou votre sale g... (Carter). Suffisant pour qu’on craigne, nécessaire pour qu’on vous respecte et… Légitime, puisque vous n’avez pas vraiment raccroché depuis votre dernier coup / règlement / séjour en tôle, non ?

Second rule : Une chose à la fois. La vengeance est une notion suffisamment universelle pour que plusieurs motifs puissent vous y conduire : mort d’un proche (Carter, Wilson), arnaque (Porter), et toutes les petites misères que l’homme est capable d’infliger à son prochain, sous prétexte de faire passer ses intérêts au premier plan - intérêts supposés, car c’est bien mal vous connaître…
Soit. Mais VOTRE objectif se doit d’être d’une simplicité déconcertante ! Pas de fioritures, pas de perte de temps, droit dans le mur (et ce d’autant plus qu’il est épais). Prenez donc exemples sur nos trois larrons : on bute le frère de Carter ? Il défouraille dans le tas jusqu’à remonter à son meurtrier. On assassine la fille de Wilson ? Il ira trouver chez lui l’enfant de salaud responsable et lui règlera son compte. Son partenaire lui pique sa femme, son argent et le laisse pour mort ? Porter ressuscite et n’a de cesse de récupérer son dû. Le plus court chemin entre deux points est une droite : qu’elle mène de vous à votre but, sans s’encombrer de détours !
Donc une seule chose à la fois : pensez objectif, raison de vivre, et tout va s’éclaircir ! C’est fou ce que les priorités deviennent évidentes, à partir de là… Notez que cette seconde règle est liée de prêt à la cinquième.

Third rule : Ce qui ne me tue pas… Me rend plus fort, bien sûr ! Si l’on peut survivre, au choix, à un tabassage en règle (Carter, Wilson, Porter), un pied massacré (Porter), un gang des triades (Porter) ou des gorilles qui tirent partout (Wilson), pas de raison de ne pas en redemander ! En matière de réputation, ce n’est jamais être trop gourmand que de retourner au charbon. En outre, quel grand plaisir de lire l’ébahissement stupide et la terreur non feinte sur le visage de votre cible, ses sbires, son acolyte, etc… ! D’autre part, tout ça vous forge un homme, pas vrai mon gaillard ?
Concrètement, ayez en tête l’expression suivante : indécrottable emmerdeur. Soyez d’une persévérance irritante, de celle qui pousse à : retourner à l’intérieur d’un entrepôt dont on vient de vous éjecter, pour nettoyer tous ces cafards (Wilson) ; rencontrer le capitaine de l’équipe du Syndicat, et lui mettre une tôle sur son terrain (Porter) ; faire le contraire de ce que l’on vous « conseille » si gentiment (Carter) ; et, pourquoi pas, écorner au passage ces jeunes taureaux abrutis qu’on vous envoie régulièrement, histoire de leur faire comprendre que, décidément, caractère obtus et détermination différent bel et bien…
Un « truc » utile : laissez tomber les plans de repli. Politique de la terre brûlée = meilleur moyen de persévérer !

Fourth rule : Punch et caboche. Certes, la possession d’un gabarit, disons, « tranquillisant », peut s’avérer un avantage décisif (Carter). Question punch, tout réside dans le geste (Porter), dut-il être épaulé par quelque recette un peu frauduleuse (comme le cylindre dans le poing, par exemple). Pourtant un peu de témérité n’est pas exclue (Wilson), face à de jeunes malabars fringants, pourvu que vos réflexes restent en éveil (le coup de tête restant un grand classique, à ce titre). Malgré vos capacités certaines, sortir couvert sera une précaution toujours précieuse : rien ne vaut le flingue derrière la ceinture pour corriger la légèreté de ton de certains truands, si malheureusement répandue (Wilson).
Mais de telles parades n’auront que peu d’effets, si vous les appliquez à l’épicier du coin : servez-vous de votre ciboulot de temps à autre, c’est tout de même votre énorme avantage sur le clan d’en-face. Cet outil, fort déprécié par vos adversaires, permet à l’occasion de : vous débarrasser de ripoux intouchables (Porter), confondre l’ordure qui se fait passer pour votre ami (Carter) ou prendre du recul avec tout le merdier que vous avez semé (Wilson). Donc deux alliés pour mener votre projet à bien : Punch et Caboche. Sans modération dans les deux cas.

Fifth rule : Mieux vaut parler à Dieu qu’à ses Saints. Visez haut, ayez de l’ambition ! S’il faut remonter à la source, autant choisir le canal le plus direct (cf. règle deux) et vous adresser au patron des crapules. Votre argent, honnêtement dérobé à quelque malfrat, a servi à rembourser les dettes - occultes, cela s’entend - de votre ex-partenaire ? Qu’à cela ne tienne : demandez les agios au parrain local ! (Porter). Et pas la peine de sous-traiter avec ses sergents, ce ne sont que des exécutants. Une vieille connaissance se reconvertit dans le porno-business et traîne aux alentours de votre affaire ? Allez droit chez lui solder son compte ! (Carter). Quant à ce type qui ne se salit pas les mains, lorsqu’il doit se débarrasser des cadavres gênants - ce qui est souvent un pléonasme -, annoncez-vous directement auprès de lui avant d’aller le trouver ! (Wilson). Avouez par ailleurs que ces types pas capables de retenir votre nom, qui en rajoutent sur votre caractère irascible, qui retardent les rendez-vous, bref : ces intermédiaires, c’est tout de même lassant…

Sixth rule : A touch of class. Last but not least : ne vous négligez pas, mes enfants ! Un costume bien coupé, des chaussures adroitement cirées, une nonchalance travaillée et quelques inflexions de voix, mûrement fomentées, seront du meilleur effet. Optez pour le double holster si le cœur vous en dit ; mais la veste BCBG peut s’avérer un choix judicieux en matière de dissimulation, pour peu qu’un rien de flegme britannique - et l’indispensable polo uni ! - l’accompagnent. Une paire de Ray-Ban ou de Police retournera bien des situations ; quant à vos œillades, sachez passer de l’œil langoureux du boxer en action, à celui du tortionnaire en veine d’inspiration, le tout… En un clin d’œil. Quelques cicatrices çà et là sont de bon aloi, les rides peuvent ajouter à la noblesse de votre port, les tatouages seront bienvenus ; mais n’abusez pas de ces petits surplus, sous peine de mauvais goût (ex : éviter la réplique de Spawn, certes impressionnante, mais fort peu seyante en société).
Peaufinons, enfin, l’inénarrable souvenir que vous disséminerez dans les rangs de vos interlocuteurs : lâchez-leur à l’occasion votre petit leitmotiv personnel ! En panne d’inspiration ? Allez, nos durs à cuire vous sortent encore du pétrin. Que diriez-vous de « J’m’appelle Carter, et moins on m’voit, mieux on s’porte » ? Ou encore : « Maintenant, c’est moi ton problème » (Porter) ? Voire « Premier entré, premier sorti, c’est tout moi çà » (Wilson) - très pertinent pour les soirées qui virent au ball-trap. Je suis sûr que vous cernez mieux le style, à présent…

Si, après tout çà, vous n’inspirez pas le respect chez les « tough guys » que vous croisez ou, à défaut bien que plus probable, vous ne décrochez pas un rôle dans un film, je ne peux plus rien pour vous !
Uncle Chop
(30 décembre 2002)

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