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Cahiers Thématiques : Vampirisme et Arts Sombres
Vampirisme et Arts Sombres : une introduction
Parmi les quelques thèmes de la littérature fantastique, et de l’étrange plus généralement, le vampire tient une place de choix, côte à côte et de manière non exhaustive, avec le lycanthrope, la sorcellerie, le revenant, l’envahisseur et leurs déclinaisons diverses. Lovecraft, pour n’en citer qu’un, dressait au début de ce siècle une liste fort instructive des usages possibles de ces figures de l’épouvante (Lacassin, 1997). Arts sombres entame ce mois une lente progression sur la trace de ce qui semble bien être une icône moderne, évoluant en fonction des générations mais, paradoxalement, dans ses dimensions plurielles, résolument humaine.

La parution du Dracula de Bram Stoker (1897) est le point de repère quant à l’entrée du thème dans l’ère contemporaine. L’aspect inaugural de cette parution n’est pas que symbolique, puisque c’est au début du XXème siècle qu’elle a lieu. Comme il l’a été écrit maintes fois depuis, le vampire de Stoker, héritier de ses visages antérieurs – Carmilla (Le Fanu, 1871) et Le Vampire (Polidori, 1816) principalement -, est un être plutôt fruste et foncièrement malveillant, quasi sauvage, rejeton de la nuit dans ce qu’elle recouvre d’inhumain et d’inquiétant. Pourtant Stoker rompt également avec la tradition en dotant son personnage principal de traits qui, désormais, inscrivent le thème dans l’ère contemporaine : romantisme de l’amour perdu (dans sa dimension temporelle, s’entend, puisque le Comte, subjugué par Mina Harker, ne peut cependant plus accéder à ce qui fait le prix de cette expérience humaine : sa finitude) ; fascination du monstre pour la société moderne, définition de son identité comme celle d’un marginal évoluant aux franges de cette société mais jamais complètement indépendamment d’elle ; symbole ou prétexte d’une mise en relief ou dénonciation, selon les auteurs, des traits de cette société. En cela, Dracula permet au thème du vampire d’accéder au statut d’emblème ; même si, dans ses manifestations ultérieures, le vampire ne sera pas toujours adopté pour ce propos, loin de là, l’épouvante restant souvent le but de la narration qui l’implique.

Le XXème siècle s’empare donc de ces trois axes principaux pour en développer plus ou moins l’importance, selon les évocations littéraires que le thème inspire : vampirisme traditionnel (la quadrilogie d’Ann Rice), psychique (Conan Doyle), extraterrestre (Le Rouge), parasitaire (Finney, Matheson) ou autre (Régnier). La forme littéraire et l’époque détermineront bien sûr l’allure et le comportement du vampire : autobiographique (Saberhagen), rock’n’roll (Rice), issu du folklore (King), confronté aux thématiques d’un monde en déréliction (Matheson) ou lié aux théories en vogue (Conan Doyle). D’excellentes anthologies (Bourgoin, 1994 ; Sadoul, 1997) présentent, sous prétexte de classification, un éventail raisonné de ces productions.

La représentation cinématographique du thème, très précoce (Murnau, 1917) engendre parallèlement maintes œuvres plus ou moins réussies, selon que l’on apprécie le « gothique » -terme oh combien galvaudé, certes…- parfois décalé des films de la Hammer, les effets grandiloquents d’un Lugosi ou d’un Lee, ou l’ancrage post-seventies de films comme Vampires (Carpenter, 1998) ou Dracula 2000 (Craven, 2000). On peut d’ailleurs aller chercher jusque dans l’encore plus récent Ghosts of Mars (Carpenter, 2001), une parenté avec le thème du vampirisme (ne s’agit-il pas après tout de sang, de contamination et d’expansion du mal, dans la veine de Matheson et Conan Doyle ?). Post-seventies, par ailleurs, car cette décennie vit surtout fleurir, sauf cas exceptionnel, des œuvres propres à décourager les meilleures intentions vis-à-vis du film de genre. Elément à prendre en compte que cette participation récente de deux réalisateurs majeurs du genre, messieurs Carpenter et Craven, comme un signe certain du renouveau du thème du vampirisme, au moins dans les intérêts artistiques.

L’hypothèse proposée dans Dracula 2000, quant aux origines du vampirisme, qui vaut à ce film d’être ici mentionné, rehausse d’une intéressante trouvaille un film somme toute sans grande surprises. Au rang des hypothèses originales, il serait peu judicieux d’éluder Ann Rice, dont l’œuvre désormais célèbre puise dans un folklore plus large (et millénaire…) que la seule thématique du mort-vivant ; même si les puristes dénonceront peut-être une dilution progressive de l’intrigue au fur et à mesure de cette quête des origines, justement. Au gré des développements de ce cahier, nous envisagerons plus en détail les rapports du thème et du cinéma.

L’hypothèse des origines est l’axe par lequel nous débuterons, puisque c’est avec Je suis une légende, de Richard Matheson (1954), que nous inaugurons ce cahier. Que l’on se penche sur la version littéraire ou ses adaptations (The Omega Man, 1971), la richesse des œuvres comme de leur apport au thème est manifeste. A lire donc, sous les plumes de Raphaël et Jean. L'article d'Henry vient logiquement rejoindre les siens, puisque Vampyr inaugurait avant l'heure les intérêts de ce cahier. Que nos saigneurs prennent donc place...

 

Littérature

Bourgoin, S. (1994) Vampire Story. Fleuve Noir.

Conan Doyle, A. (1894) Le parasite.

Finney, J. (1954) L’invasion des profanateurs. Denoël.

King, S. (1975) Salem. Pocket.

Lacassin, F. (1997) Œuvres de H.P. Lovecraft (Tomes 1 et 2). Robert Laffon.

Le Fanu, J.S. (1871) Carmilla. Actes Sud (1996)

Le Rouge, G. (1908 puis 1909). Le prisonnier de la planète Mars, suivi de La guerre des vampires.

Matheson, R. (1954) Je suis une légende. Denoël.

Polidori, J.W. (1816) Le Vampire, d’après Lord Byron. Actes Sud (1996)

Régnier, H. (1919) L’entrevue.

Rice, A. (1985 à 1992) Chroniques des vampires, 4 tomes.

Saberhagen, F. (1975) Les confessions de Dracula. Pocket.

Sadoul, B. (1997) Les 100 ans de Dracula. Librio.

Stoker, B. (1897) Dracula. Pocket (2002)

Cinéma

Carpenter, J. (1998) Vampires

Craven, W. (2000) Dracula 2000 / (2001) Ghosts of Mars.

Murnau, F.W. (1917) Nosferatu

De bien beaux ouvrages...

http://www.simmurad.com/index2.html

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L'équipe d'Arts Sombres
(15 décembre 2003)

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