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Hors de l'Ombre : Littérature
The Poet
Certains disent que les vrais frères jumeaux peuvent ressentir la mort de leur moitié. Ce n'est pas arrivé à Jack lorsque Sean meurt d'une balle en pleine tête. Une note est laissée sur la scène du crime, faisant allusion au sombre poète Edgar Allan Poe. La police conclue rapidement à un suicide, comme cela arrive très souvent chez les policiers. Si Jack, reporter dans un quotidien de Denver, n'a rien ressenti lors de l'homicide, il connaît suffisamment bien son frère pour écarter l'hypothèse du suicide.
Titre : The Poet
(version originale)

Auteur : Michael Connelly

Editeur : Warner Bros

Sortie : 1996
Tous Droits Réservés
Si Jack se lance dans une véritable investigation, c'est d'abord pour sa tranquillité personnelle ; il ne souhaite pas, à l'origine, réouvrir le cas Sean McEvoy. Mais ce qu'il déniche est une petite révolution : 8 décès de policiers, tous classés suicides, ont été recensés dans différents états depuis 5 années. Plus troublant, toutes les notes font référence au poète Poe. Jack est sur le point de déterrer un serial killer inconnu du F.B.I.
Le bureau fédéral s'en mêle. Le reporter, initiateur de la découverte, est autorisé à suivre l'enquête au sein de l'équipe fédérale. C'est aussi un moyen de tenir à l'écart les médias, friands de ce genre d'histoire. Le profile du tueur est élaboré : jeune homme entre 25 et 35 ans, pédophile, tueur d'enfants, tueur de flics, possédant un Q.I. bien au delà de la moyenne. La chasse n'en est que plus excitante.

Michael Connelly réalise un véritable tour de force avec ce roman. Personne ne s'est trompé en lui attribuant le prix "Mystère" de la critique en 1996. Il faut noter qu'il a du être aisé pour Connelly de se mettre dans la peau du narrateur, le journaliste Jack MacEvoy. En effet, avant d'être écrivain, Connelly était reporter à Los Angeles, de surcroît dans le même domaine, les homicides en tout genre. On peut y voir une sorte de revanche. Connelly était bon reporter mais n'a jamais vraiment cassé la baraque. Ici le narrateur tient l'article de sa vie, celui qui va lui ouvrir toutes les portes, tous les médias vont se l'arracher... Ce que Connelly n'a jamais vécu, durant sa carrière journalistique.
Le parallèle ne s'arrête pas là. Après avoir lu ce roman, bien malin qui peut dire qui en est le véritable auteur. Connelly ou MacEvoy ? Le roman est écrit entièrement à la première personne, tout est vu depuis Mac Evoy, ce dernier publiant son récit à la fin du roman.

La réussite de ce roman tient surtout au rythme, au suspens et à la richesse des thèmes abordés. Le suspect à appréhender est décrit comme simple amateur d'enfants nus sous la douche, puis pédophile, revendeur de photos pédophiles, tueur d'enfants et d'adultes innocents... Connelly aborde par ce biais les sujets très actuels de la pédophilie - et de sa présence sur le web - des serial killers et du profiling.
L'investigation suivi de l'intérieur du bureau fédéral décrit avec précision les méthodes et moyens de recherche. Le fait que Jack soit un étranger pour les détectives fédéraux ajoute à l'intrigue une multitude de rapports conflictuels entre les personnages. La façon dont le roman est construit et le rythme choisi par Connelly sont pour une bonne part dans la réussite de ce roman. Le récit est constitué de deux parties : Connelly décrit d'abord l'homme que le F.B.I. appelle "Le Poète" et ces agissements horribles, puis c'est au tour de Jack de mener le récit. Cette partie donne un rythme constant à l'histoire, à l'image du rouleau compresseur nommé F.B.I. ; chaque page nous fait découvrir un nouvel indice ou un nouveau trait de caractère.

L'intrigue avance sur un rythme effréné vers le point de collision : la rencontre de Jack et du Poète. A ce moment, on se dit que c'est fini... eh bien non ! Il reste 100 pages. On se pose alors la question "aurais-je rater quelque chose ?". La réponse est oui car Connelly prend un malin plaisir à revenir en arrière, sur de petits détails déjà oubliés par Jack et le lecteur. Le final ressemble à celui de Usual Suspect, ce qui n'est pas rien en termes de suspens et d'intensité !! 
Vincent LAPERE
(22 octobre 2001)

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