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Cahiers Thématiques: Violence et Arts Sombres
L'art et la violence : propos rapportés de Didier Daeninckx
La responsabilité de l'éditeur ? Plutôt celle d'un auteur ayant conscience de ce que la diffusion de ses œuvres peut occasionner :

« Nous sommes dans la queue de comète de l'affaire Houellebecq, on se rappelle brusquement que l'on peut faire vendre avec de la provocation, associer succès commercial avec une surenchère de violence ou de perversion.
Cependant, cette suspicion de complaisance est totalement absente de la réception que l'on peut se faire de Bataille ou de Sade. L'Histoire de Juliette est indépassable : Concernant tout ce qu'on peut dire sur la violence dans la littérature, on peut revenir sur L'Histoire de Juliette. Il s'agit de l'histoire la plus insoutenable qui soit, celle de la torture et des corps contraints. Dans le même temps, il s'agissait d'une gageure littéraire : l'éducation d'une jeune fille par un pape, grâce à l'emploi pervers du roman d'éducation, dont l'extrême délire s'appuie sur la réalité historique. Il y a une part de provocation de Sade qui pouvait penser ne jamais être publié. La question de la réception ne se pose pas. »

La responsabilité des idées de l'auteur donc des conditions de publications qui sont mises en œuvre. Les massacres dans certains établissements scolaires américains peuvent difficilement être imputés à l'influence d'une œuvre d'art.

« C'est un peu court d'incriminer une œuvre. Il semble plus raisonnable d'incriminer un système. La surenchère de la violence, sur les écrans de télévision, la fascination extrême de cette violence, ces éléments ont probablement des conséquences qu'on ne connaît pas encore dans leur ensemble. On ne connaît pas les conséquences de la multiplication des écrans de télévision. Peut-être créent-ils des effets de déréalisation ? Comment se comporteront les générations qui naissent avec tous ces média, ces effets spéciaux, ces manières dont l'image est manipulée… Notre manière de fonctionner est encore empirique. Il semble que l'exposition à la violence sur les écrans apporte quelque chose de l'ordre de la fidélisation, comme avec la publicité. Le système s'en nourrit.
Dans le cas du scandale qui s'est créé autour de Tueurs-Nés, incriminer Stone est une facilité : Pourquoi pas incriminer Peter Pan à cause des gens qui se jettent par la fenêtre ?
(il y a d'ailleurs eu des procès à l'encontre des auteurs de Superman à cause d'enfants qui l'avaient fait en enfilant la panoplie de leur héros).
La violence est un moteur de captation. Des études se font sur les enfants qui ingurgitent meurtres à la télévision, mais le médium ne peut être le seul incriminé : Dans le cas des Etats-Unis, la libre circulation des armes est plus problématique que la télévision. » 

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Raphaël et Matthieu VILLATTE
(08 avril 2002)


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