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D'Oeuvre en Oeuvre : Musique

Pour une musicographie sombre et métallique (partie II)

Voici la suite de notre petite présentation de la scène musicale actuelle (tendance métal s'entend)... Après avoir écouté quelques uns de ces albums, vous ne chanterez plus de la même façon sous la douche. Pensez à vos voisins tout de même !!
Iced Earth. Formation heavy metal ayant vieilli comme le Bordeaux (c'est à dire sereinement, inéluctablement et avec caractère), ce groupe est l'expression directe du talent de Mr Jon Schaffer, guitariste accompli à la détermination farouche. Malgré l'aspect suranné de certaines compositions ou attitudes, d'autres forcent le respect, tel leur intégrité éthique ou leur don pour trouver des riffs que l'on finit par fredonner. L'album le plus récent, Horror Show, construit autour d'un concept-hommage aux classiques horrifiques de la Hammer, offre une parfaite illustration de ces prétentions : The Werewolf, Damien, Jack, Dracula. Mais deux autres albums au moins méritent de figurer ici : The Dark Saga, inspiré de l'histoire de Spawn (antihéros du comic créé par T. MacFarlane) ; The Melancholy E.P. (1999), notamment pour Melancholy (holy martyr) et la reprise de Black Sabbath - encore eux ! -, Electric Funeral. Nous n'oublierons pas de mentionner Stand Alone et My Own Savior, énergiques pamphlets contre l'absurde de l'existence, sur l'album Something Wicked This Way Comes. Juste une dernière chose : les allergiques aux voix heavy metal, typiquement haut perchées, resteront probablement insensibles...

Rammstein. Les germaniques pyrotechniciens ont amplement profité du succès du Lost Highway de Lynch pour graver dans nos mémoires le morceau qui porte leur nom (Matt-certified news). On goûtera avec une délectation égale et des envies de sautiller leurs Du Riechst So Gut (ode visuelle et musicale au genre de l'épouvante), Engel ou Du Hast (qui a dit « esthétique du polar » ?). S’il ne doit être cité qu’un seul de leurs albums, ce sera Sehnsucht, condensé de ce qui fait désormais leur griffe (Clawfinger a par ailleurs remixé avec maestria Du Hast, indice s’il en est de l’intérêt musical des Rammstein). Entre nous, des gaillards qui manient si joyeusement la pyrotechnique et le maquillage ne peuvent s’avérer complétement mauvais...

Ministry Al Jourgensen et Paul Barker sont les points de gravitation de Ministry. Deux énergumènes aussi vrillés l'un que l'autre, musicalement du moins, fans de distortion du son et de rythmiques jusqu'auboutistes. Avec décibels et martelage à la clef ! Ce qui ne les prive pas, à l'occasion, de reprises pas piquées des hannetons, tel Do you think I'm sexy ? (oui, oui, de Rod Stewart...) ou Lay lay lay (Bob Dylan). Les artisans se complètent et s'épanouissent dans un style identifié, véritable « griffe » qui est leur désormais, surtout depuis l'album Psalm 69, dont Filth Pig, Dark Side of The Spoon et Animositisomina sont les plus que dignes successeurs. N.W.O. (Psalm 69), Gameshow, The Fall, Brickwindows (Filth Pig) sauront élargir votre horizon musical de noirs penchants...

Marilyn Manson. Flirter avec les Arts Sombres n’évite pas nécessairement le mauvais goût. Ni le kitsch, ni la réputation d’avoir un public de teenagers à peine pubères. Est-ce pour autant des caractéristiques intrinsèques à l’œuvre considérée, ou plutôt une « question de réception », pour reprendre Raphaël ? L’interaction entre la création (le produit, s’entend) et ses auditeurs révèle plus sûrement l’alchimie des deux membres considérées de l’équation, plutôt que les torts - ou non - de chacun d’eux. Un peu abscons, n’est-ce pas ? Mais comment ne pas s’attendre à une levée de boucliers divers lorsque l’on présente le sieur Manson et sa clique ? Puritains (ridicules), censeurs (définitivement largués), mélomanes (souvent précieux), intellectuels (trop éthérés ?), qui n’a pas eu son mot à dire sur le personnage, oubliant peut-être un peu facilement qu’il s’agit justement d’un rôle (Manson alimentant avec malice cet aspect de la question...) ? Et la dimension de spectacle de ces apparitions ne doit pas être éludée non plus, au risque de sombrer dans une lecture appauvrie et stérile. En plus du nouvel album récemment disponible (The golden age of grotesque), en retrait sur Antichrist Superstar mais offrant quelques perles de noirceur tout de même (ainsi qu'un gros son indus, pour les fans), notre appétit de noirceur trouvera de quoi satisfaire sa voracité avec Antichrist Superstar et Holy Wood. Le premier profite de la science incontestable de Trent Reznor, en matière de soleils noirs, tandis que le second s’inscrit dans une démarche d’accessibilité - relative - plus manifeste. Violents, critiques et ciselés sont les titres The Beautiful People, Deformography, Mister Superstar (un incontournable, terrible et furieux), Angel With the Scabbed Wings, Antichrist Superstar et Minute of Decay (Antichrist Superstar). Nombreux, sur Holy Wood, sont les titres oppressants ou hypnotiques. Il serait réducteur que d’en souligner quelques-uns, forcément aux dépens des autres... mais nous cédons au désir de mettre en avant Target audience, Cruci-fiction in space, A Place in the Dirt. Puisse le lecteur ne pas passer à côté du reste !

Black Sabbath. Pour le genre métal quasi-référence obligatoire. En tout cas légendaire, idiosyncrasies et univers compris. Le passé, présent et futur du métal se trouve chez Black Sabbath, serait-on tenter d'écrire, et ce n'est pas Peter Steele qui nous contredira ! Même si les albums les plus récents ne sont pas, à franchement parler, des joyaux incontournables, toute la première époque - disons depuis Black Sabbath (1970) jusque Sabotage (1975) - est une corne d'abondance pour les aficionados de riffs lourds, d'ambiances oppressantes et d'efficacité rythmique. Difficile de choisir entre les morceaux concernés, mais on orientera néanmoins le néophyte sur ces quelques pistes : Black Sabbath, The Wizard (Black Sabbath) ; War Pigs, Electric Funeral, Hand of Doom (Paranoid) ; Sweet Leaf, Children of The Grave, Lord of This World, Solitude et Into The Void (soit presque l'intégralité du troisième album, Master of Reality) ; enfin, Hole of The Sky, Symptom of the Universe (anthologique et repris bien plus tard par Sepultura), Megalomania, trois morceaux grandioses issus de l'ultime Sabotage. L'éclectique ou le mélomane curieux pourra toujours s'aventurer sur les albums suivants, mais le puriste risque fort de se murmurer l'adage selon lequel il n'est pas bon de se survivre... Quoi qu'il en soit, Arts Sombres à l'affiche !


Et pour quelques albums de plus... Les plus motivés, assoiffés, alléchés par ce (trop) court panel glaneront quelques grammes de plus en furetant parmi les artistes qui suivent.
Cathedral - L'album Caravan Beyond Redemption diffère radicalement des productions précédentes de ce groupe mais offre un métal proche des stoners, énergique, qui lacére avec délice les viscères du plus blasé des auditeurs. Voodoo Fire et ses mélopées percussives, The Unnatural World, Earth Messiah ou Dust of Paradise (petit bijou !) sauront vous persuader d'y revenir.
Dream Theater, habituellement conspué par les amateurs de métal agressif ou les crispés du métal progressif, livre cependant des morceaux non seulement d'une facture technique irréprochable, mais également terriblement attachants.Dans la veine du présent article, on ne saurait passer à la trappe The Crimson Sunrise, Puppies on Acid, l'Ytse Jam, Lie ou Pull Me Under, tout ce petit monde se regroupant sur le live Once In a Live Time.
Nettement plus agressif, mélodique pourtant (mais radicalement distinct question voix et choeurs), Dimmu Borgir, avec les albums Spiritual Black Dimensions et Puritanical Euphoric Misanthropia réveille les appétits primaires de chacun : sang, sexe et violence ! (OK, j'exagère un peu... d'autant qu'il se trouve réellement des lignes mélodiques accrocheuses, voire une approche littéraire de l'écriture, chez ces sauvages maquillés à outrance).
Entombed, enfin, surtout pour l'album Morning Star, vraisemblablement dédié au Prince des ténèbres. Une réalisation de facture classique, rondement menée, nullement entâchée du superflu du thème évoqué (messes noires et cornettes brillent par leur absence). Plutôt la métaphore bien actuelle du sieur maléfique, vraisemblablement de ce monde (qui a dit que l'Enfer est sur terre ?). 
Uncle Chop
(26 mai 2003)

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