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Sur le Vif : Rendez-Vous
Fantastic'arts de Gérardmer, Suite et fin
Suite de mon parcours fantastique vosgien, avec un avant-goût des frissons à venir, de Maléfique à 28 days later, et de The Gathering à Dark Water.
Tous Droits Réservés
Maléfique. Enfin un bon petit film français de série B qui est capable de tenir la dragée haute aux autres longs métrages en compétition. Très attendu, il n’a pas déçu le public qui le donnait presque unanimement favori à l’issue de la projection. Preuve que pour une fois le palmarès était en accord avec les goûts des spectateurs : le film a obtenu le prix du jury ex aequo avec The Gathering de Brian Gilbert.

Pour son premier film, Eric Valette a réuni quatre acteurs encore trop peu méconnus du grand public pour raconter cette histoire de taulards qui découvrent un livre étrange. Carrère (Gérald Laroche), un chef d’entreprise écroué pour escroquerie, atterrit dans une cellule crapoteuse occupée par Marcus (formidable Clovis Cornillac) un futur transsexuel au sang chaud, Pâquerette (Dimitri Rataud, à suivre) son complice doux dingue et Lassalle (Philippe Laudenbach) qui fait un peu office de patriarche. La cohabitation s’avère difficile entre les trois habitués et le nouveau sûr de n’être là que pour une courte période. Mais la découverte d’un journal intime va changer la donne. Il s’avère que ce livre appartenait à Danvers, un ancien détenu du début du siècle, qui se serait échappé grâce à la magie noire. D’abord sceptiques, les quatre compères vont vite découvrir qu’ils détiennent peut-être la solution à leur malheur. Mais sera-t-elle vraiment à la hauteur de leurs espoirs ?

Maléfique a tout pour redorer l’image des séries B françaises : des personnages très crédibles et attachants, une ambiance malsaine et mystérieuse à la fois, des décors et une image somptueuse. Tourné pourtant avec peu de moyens, le film réussit plus à captiver qu’un blockbuster bourré d’effets spéciaux. Il ne reste plus qu’à lui souhaiter une exploitation correcte dans l’héxagone et ailleurs. A voir et à faire découvrir. Qui sait, ce petit bijou pourrait susciter une passion soudaine pour le fantastique chez bien des réticents ?

Dark Water. Sans nul doute le film le plus attendu du festival, le nouveau film d’Hideo Nakata, réalisateur de l’effrayant Ring (dont le remake américain était montré en avant-première cette année), n’a pas déçu et est reparti avec pas moins de trois prix. Pour son sixième long métrage, le réalisateur s’est à nouveau inspiré de l’œuvre de Kôji Suzuki, auteur de Ring que l’on considère comme le Stephen King nippon.

Ici point de cassette vidéo maudite pour nous faire froid dans le dos, mais une étrange fuite au plafond d’un appartement où vient juste d’emménager Yoshimi avec sa fille Ikuko. L’eau va s’infiltrer petit à petit dans la chambre et la vie de Yoshimi qui va être également la proie de visions. Dit comme ça, le postulat de départ semble un peu ridicule et à des années lumières du style de Nakata. Cependant, l’atmosphère du film se fait de plus en plus angoissante à tel point qu’on ne peut s’empêcher de sursauter dans son fauteuil. Une fois encore, l’effet de surprise est surtout conditionné par le montage et la musique plus que par l’intrigue en elle-même qui s’avère très prévisible surtout lorsqu’on a vu Ring. Une femme, essayant de se battre pour la garde de son enfant dans une société très machiste, va être confrontée à des évènements surnaturels qui la pousseront à mener son enquête au péril de sa vie et de celle de a fille et qui sont en fait l’œuvre d’un fantôme assoiffé de vengeance mais également en quête de rédemption et d’amour. Cela ne vous rappelle rien ? Certes, Dark Water reste un très bon film fantastique, dont la mécanique bien huilée fonctionne parfaitement, mais la ressemblance vraiment troublante avec Ring nous laisse un peu sur notre faim. On était en droit d’attendre un peu mieux de la part de Nakata surtout après son formidable coup d’éclat trois ans plus tôt. Mais le film reste un honnête long métrage fantastique et ne décevra sûrement pas son public.

28 Days Later. Quel surprise de voir le nom de Danny Boyle au générique d’un film fantastique ! Allons bon, voilà qu’il s’attaque aux zombies. Etant donné la « réussite » de La Plage, on était en droit de douter sérieusement sur ce film. Et là on se prend une grande claque dans la figure. Oublier la malheureuse expérience hollywoodienne et retour aux sources britanniques. Le réalisateur de Petits meurtres entre amis et Trainspotting a repris du poil de la bête en réussissant à innover dans l'un des thèmes cultes du fantastique.

A Londres, un jeune homme, Jim, sort du coma pour découvrir la capitale déserte. En visitant une église, ils tombent sur quelques survivants qui n’ont plus rien d’humain. Sauvés de justesse par Selina, Jim apprend que la population a été contaminée suite à la libération de singes infectés par un virus ravageur appelé « la fureur ». Avec l’aide d’un chauffeur de taxi et de sa fille, ils vont tenter de survivre et de trouver une issue à ce cauchemar.

Dénué de tous artifices, ce film impressionne par sa beauté et sa violence. Tourné en DV, caméra à l’épaule afin de renforcer le réalisme, 28 days later renouvelle le film de zombies avec classe et modernité. Non seulement les héros ont maille à partir avec une horde de zombies mais ils vont également se heurter à une petite troupe de militaire rescapée dirigée d’une main de fer par le major Henry West (Christopher Eccleston, abject au possible). Une occasion rêvée pour le réalisateur d’égratigner l’armée et tous ses travers. Parmi les acteurs, le jeune Cillian Murphy, encore méconnu en France, s’est fait remarquer dans des films anglais et irlandais dans des rôles différents. Celui de Jim nous montre l’étendue de son talent. A suivre. N’oublions pas non plus Brendan Gleeson (le Général) en papa gateau qui prend sous son aile deux orphelins que l’on retrouve chaque fois avec plaisir.

28 days later est un bon film d’ambiance aux accents romériens qui mérite le détour. On regrette juste qu’il n’ait été présenté « qu »’en avant-première et pas en compétition.

The Gathering. En compétition cette fois, un autre film britannique d’un réalisateur habitué à d’autres genres cinématographiques (Brian Gilbert, auteur de Jamais sans ma fille notamment) a réussi à faire son petit effet en partie grâce à la présence de Christina Ricci. Celle-ci incarne Cassie, une touriste américaine en visite à Glatonbury qui, suite à un accident, devient partiellement amnésique et sujette à des visions. Au même moment, on découvre des vestiges curieux d’une église du premier siècle montrant la scène de la crucifixion. Le Christ n’est pas tourné vers la nef mais vers plusieurs personnages sculptés dans la pierre aux visages inexpressifs.

Ce « thriller surnaturel », comme l’a défini son réalisateur, traite enfin de religion sous un angle nouveau. Ici point de combat entre le bien et le mal ou de malédiction venue des Enfers mais une relecture de la Bible plutôt simpliste qui nous fait réfléchir sur le côté voyeur de notre société par la même occasion. Le fantastique s’impose plutôt en filigrane montrant ainsi une autre facette de ce genre trop souvent mal jugé. On suit pas à pas l’enquête menée par l’église sur les vestiges et celle de l’héroïne sur son passé qui s’avère plus trouble que prévu. Le format scope et les paysages somptueux de l’île de Man achèvent de transporter le spectateur. Un film à ne pas rater qui n’a pas été oublié dans le palmarès puisqu’il a obtenu le prix du jury ex-aequo avec Maléfique. Récompense amplement méritée.       
Cécile GUARIN
(10 mars 2003)

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