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Hors de l'Ombre : Cinéma.
Dead or alive
Un super flic bouffé par ses problèmes familiaux et un braqueur indépendant s'affrontent. Serait-ce le synopsis de « Heat » ? Non, juste le postulat de base de « Dead or alive », le polar censément ultra-destroy de Takashi Miike.
Titre : Dead or alive

Scénario : Taiji Shimamura

Réalisation : Takashi Miike

Sortie : 1999
Tous droits réservés
Le critique de cinéma est un animal un peu bête et surtout très étrange. Il suffit que l'Orient soit un tant soit peu à la mode pour que le moindre réalisateur chinois, taïwanais, thaïlandais, coréen ou japonais faisant un peu parler de lui devienne LA nouvelle sensation. C'est ainsi que Takashi Miike a été intronisé nouvel Auteur en provenance de l'archipel nippon, une aberration au regard de ses films, qui relèvent pour la plupart de l'exploitation la plus mercantile. La preuve par l'image avec le premier film qui, déjà avant Audition, a attiré l'attention des amateurs de pelloches barrées, Dead or alive.

Succès local (deux suites n’ayant rien à voir ont été tournées par Miike), Dead or alive est à la base un pur produit conçu pour le marché vidéo (l'équivalent nippon et moderne des drive-in d'antan), tourné en 16 millimètres avec un budget réduit, deux stars du cru (Sho Aikaiwa et surtout le super cabot Riki Takeuchi) et tout ce qui constitue un bon polar vidéo à la japonaise : des héros bien burnés, des yakusas très méchants, de la violence qui tâche et un peu de sexe, c'est toujours bon à prendre.

Mais il y a la touche Miike, qui s'imprime en particulier dans le générique d'ouverture et le combat final, dont l'hystérie totale a fait beaucoup pour la réputation du film et de son réalisateur, à l'image du dernier quart d'heure d'Audition. Entre ces deux pics, hé bien... Pas grand chose.

On aimerait pouvoir dire que le milieu du film se calme méchamment au nom du développement du récit et des personnages. Mouais. Malgré les quelques éléments destinés à « humaniser » les protagonistes (l'un est un immigré chinois, l'autre a une fille gravement malade), le film ronronne dangereusement, peu aidé par une mise en forme tout juste banale, surtout après les quelques idées visuelles et narratives présentées dans l'ouverture. Détail qui ne trompe pas : le film ne sort de sa somnolence que pour montrer une visite chez des pornographes zoophiles ou des beignets humains improvisés, sans oublier l'étrange intérêt de Miike pour le scatologique (que l'on retrouvera entre autres dans son Visitor Q). On pourra parler de structure dynamitée (comme le très binaire Audition), d'expérimentation sur la matière même du film, mais toujours est-il qu'en l'état ça relève plutôt d’un gimmick qui fonctionne moyennement.

Miike est un cancre autoproclamé, un tâcheron qui ne se fait aucune illusion sur son talent et enquille les films à vitesse grand V (cinq par an en moyenne) en y balançant un peu au hasard ses obsessions trash. Le résultat est donc forcément aléatoire, parfois rigolo (Dead or alive donc), parfois impressionnant (Audition), parfois carrément foiré (le navrant City of dead souls), mais ne dépassant en tout cas jamais le stade de l'anecdotique. Pourquoi pas, c'est après tout ce que fait Jean-Pierre Mocky depuis 40 ans.

Là où l'affaire devient étrange, c'est dans cette récupération du réalisateur par les milieux arty occidentaux, et en particulier les festivals alternatifs. C'est ainsi qu'on apprend que Miike aurait un style (plus loin, plus fort, plus crade) une personnalité (je suis un anarchiste), voire des thèmes : sa sensibilité (?) destroy, sa vision sans concession du Japon, son intérêt pour les minorités ethniques vivant dans l'archipel. Pourquoi pas mais bon, quand Umberto Lenzi faisait ses films de cannibales déviants, il ne cherchait pas à se faire passer pour Pasolini. Les temps changent...

Dear or Alive est disponible en Zone 2 UK chez Tartan Video. Copie 16/9 correcte, sous-titres anglais, suppléments très symboliques. Une édition française est du domaine du possible dans la mesure ou Jean-Pierre Dionnet a acheté les droits de l'objet. 
Cyberlapinou
(02 juin 2003)

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