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Enquêtes : Etudes
De l'apanage de la virilité chez les justiciers refoulés
Nous portons tous aujourd’hui, tapi quelque part dans notre inconscient de spectateur du 21ème siècle, l’image de quelque redresseur de tort taciturne, de quelque justicier sans égal, de quelque solitaire au grand cœur derrière la muraille de sa solitude, dont le folklore associé à l’univers du polar et du film d’action regorge. Arts Sombres vous propose aujourd’hui une liste non exhaustive de quelques-une de ces figures marquantes, souvent inévitablement associées à leurs interprètes, afin de mettre en relief les ressorts secrets de leur charisme et de la fascination qu’ils exercent sur les spectateurs. Révélations garanties !
L’expressivité comme clef du succès. Ainsi que chacun l’a constaté lors de ses pérégrinations cinématographiques, aux abords des films d’action et polars divers, point trop n’en faut lorsqu’il est question de se faire comprendre. L’une des caractéristiques majeures du héros - puisqu’il faut bien le nommer ainsi, même s’il erre parfois sur les deux versants de la légalité -, s’avère le silence caverneux d’un enterrement réussi, parfois le laconisme philosophique du chasseur du dimanche matin : Le Justicier (Charles Bronson), Porter (Mel Gibson), James Bond (tendance Sean Connery), The Crow (Brandon Lee), Le Rebelle (Lorenzo Lamas), Ken le Survivant, Droopy, et j’en oublie... Autant de figures de légende dont les répliques, à juste titre, ont su graver dans nos mémoires l’inénarrable admiration du pécore pour celui qui, dans le feu de l’action, lorsque tout semble perdu, ou au moment opportun, conserve le luxe de savoir trouver ses mots. « Maintenant c’est moi ton problème » (Porter), « Tu ne le sais même pas mais tu es déjà mort » ou « Julia, oh Julia » (Ken), « Je suis content » (Droopy), « Vas-y punk, fais-moi plaisir » (l’inspecteur Harry, mais également attribuable à Ken ; quoiqu’il en soit bien dans le caractère du personnage), « Encore un indice à la con » (Le Poulpe) : lequel d’entre nous n’a pas un jour regretté d’avoir laissé passé l’occasion d’un à-propos si percutant ? Première composante de la virilité mythique de nos héros : leur infaillible répartie.

Mais celle-ci ne serait d’aucun intérêt s’il lui fallait s’assortir d’un faciès à la Django Edwards, de suites désastreuses version Dominique Farrugia (relisez donc la réplique de Droopy...), des pitreries d’un Jacky Chan au meilleur de sa forme, de l’humour d’un Trinita. Que nenni ! Virilité ne saurait rimer avec second degré, il est de première importance que le héros, et donc ses spectateurs, s’impliquent entièrement dans leur majesté. Quelques grands classiques d’une composition réussie : oublier jusqu’à la plus infime nuance de l’esquisse d’un sourire (variante : l’infinitésimal rictus nauséabond devant le spectacle de la mort) ; limiter les gestes inutiles - clope, verre, flingue, coup au but, et respect pour le maître en la matière : Droopy ; dédaigner le second sexe, en insistant comme il se doit sur l’adjectif qualificatif (variante : se comporter avec lui comme avec un mouchoir jetable) ; ne rater aucune occasion d’écraser sous le poids de son crétinisme le planton / adjoint / compagnon de route / second couteau qui ne manquera pas de coller aux basques du héros ; n’exprimer quelque chaleur humaine, et surtout de la manière la moins crédible qui soit, qu’auprès de l’ami fidèle à l’heure de sa mort, crasse et hyperviolente si possible (Ken s’avère l’illustration de référence en la matière). Se passer de toute relation humaine connue, vivante à défaut, dote cependant d’une aura virile bien supérieure le héros concerné.

Le noir vous va si bien. Question look, vous noterez immédiatement l’un des éléments communs à l’écrasante majorité des justiciers pré-cités : le goût du cuir. Mais oui. Ken, Le Rebelle et The Crow : revêtement intégral (et spoiler avant, oui monsieur !). Porter : veste en cuir (quand on braque un golden boy pour sucrer ensuite le parrain local, on n’achète pas du skaï !). Le Justicier : les sièges de sa Ford. James Bond : les sièges de l’Aston. Droopy, me direz-vous ? Ce serait omettre qu’il s’agit d’un chien, dont le cuir est bien connu pour supporter toutes les intempéries. Bluffés, non ?

Autre composante essentielle révélatrice du statut de héros : le regard sombre. Plus facile à conserver si vous vous comportez de telle manière qu’une instance sanitaire locale vous admettrait d’urgence en service de désintoxication pour alcooliques chroniques. Mais il est tellement d’autres moyens plus réjouissants de parvenir au même résultat : la mort atroce de votre fille (Le Justicier), de votre fiancée (Ken), voire la vôtre ! (The Crow) ; la sensation diffuse d’avoir connu les joies d’une cellule pénitentiaire suite à l’arnaque d’un partenaire (Porter) ; une prédisposition physiologique au teint cave et à l’œil torve (Droopy, encore lui !) ; la solitude désolée des grands axes désertiques de l’Amérique profonde, où l’homme n’apprécie jamais rien tant que la survenue des îlots de civilisation que sont les stations Texaco, gérées par des rednecks consanguins et à moitié fous... (Le Rebelle) ; une sympathique virée au Havre avec soirées facistes et tabassages en prime (Le Poulpe) ; enfin last but not least, les déceptions incessantes dues au peu d’endurance des criminels sous la torture (L’inspecteur Harry). Certes, il faudra au héros se remémorer régulièrement ces joyeux épisodes, afin d’entretenir son allure, ce qui peut parfois lui demander un investissement coûteux en énergie ; mais n’est-ce pas un bien faible coût pour l’inestimable conservation de son charisme ?

Où l’on arrive au nœud de la réussite. Parvenu jusqu’à ce point de l’article, ami lecteur, une interrogation légitime te taraude sans nul doute : quelle sont donc ces révélations tant promises et qui tardent ainsi à s’offrir à ta curiosité bien naturelle ? Il est tant de lever le voile pudique jeté, jusqu’à l’intervention d'Arts Sombres, sur le motif inconscient de la virilité explosive dont s’emparent nos héros, comme d’une bannière à laquelle rallier les âmes perdues des spectateurs assoiffés d’épopées. Ainsi que Blake et Mortimer, Candy, Hercule Poirot, Holmes et Watson, Jekyll et Hyde (mais oui, même eux !), autant d’icônes ayant rencontré un succès certain mais pour avoir assumé leurs relations houleuses, nos précédentes figures ont enfoui avec douleur et honte la composante essentielle, qui par réaction se trouve être le moteur de leur mâle assurance (et qu’ils ne portent pas sur le front, eux, nom de nom !) : l’homosexualité latente.

Cyberlapinou nous a déjà décillés sur les connotations plus qu’évidentes de Ken le Survivant ; le sadisme de l’Inspecteur Harry révèle clairement (tout bon psychanalyste vous le dira) une tendance fortement réprimée à s’unir au sexe masculin, qui resurgit donc sous forme inverse (nous parlons d’inversion, rappelons-le) : Le Justicier élève seul sa fille... pour quel motif, à votre avis ? Le Rebelle aime les grosses cylindrées, porte le jean hyper serré et arbore une fière poitrine dont l’épilation partielle trahit bien le signal fort qu’il laisse inconsciemment passer ; Le Poulpe est notoirement attiré par les milieux interlopes (franchement, qui se promènerait seul sur un port désaffecté, fréquenté par des loulous et des marlous ?) ; The Crow va jusqu'à se réfugier dans un élégance morbide et quasi sado-masochiste afin d’assumer en paix ses tendances au travestissement ; James Bond est évidemment des ces hommes las de la gent féminine dont les goûts réclament à présent des saveurs plus fortes, amis qu’il ne peut affronter, se réfugiant dans l’alcool ; Porter sort de prison... sans commentaire ; quant à Droopy, ça crève les yeux.

Il était temps de démystifier cette composante inévitable de la virilité de ces figures cinématographiques, fictions qui, si elles apportent un peu d’espoir au cœur du gringalet dont le blouson vient d’être dérobé pour la troisième fois, montrent par ailleurs une fâcheuse tendance à masquer la réalité du mâle viril de ce nouveau siècle à venir : l’homme de l’ombre, l’employé de bureau du troisième sous-sol. Sous son après-rasage trop vanillé et ses épaulettes pelliculées, il dissimule un véritable prédateur, un justicier en puissance, dont l’ampleur n’attend que de se montrer aux yeux de sa femme, qui commence à l’énerver quand même à toujours se pâmer devant ces films à la c.., non mais c’est vrai quoi, qui c’est qui bosse 8 heures par jour, c’est facile pour eux qui font semblant, pis d’abord c’est rien que des .., mais si ! j’te dis, le mec d'Arts Sombres il l’a dit, etc...

Note :
Avant de crouler sous une avalanche d’insultes ou reproches de toutes sortes, le rédacteur précise qu’il n’y a rien de moins fondé que ses allégations. Par ailleurs, il est EVIDEMMENT hors de question de prendre pour cible ou blesser la sensibilité de la population homosexuelle, mais bien plutôt de tourner en dérision une certaine tendance à présenter certaines icônes populaires issues du policier. Sans que l’homosexualité en soi serve de sujet de dérision, ainsi que les autres paragraphes l’ont montré maintes caractéristiques ont été abordées. Ni plus, ni moins. A bons entendeurs...  
Uncle Chop
(07 avril 2003)

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