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Hors de l'Ombre : Cinéma
Best Seller
Il s'agit d'un polar caractéristique des années 80. John Flynn filme l'étrange association entre un flic écrivain (Dennis Meechum) et un tueur à gages (Cleve), qui lui propose d'écrire sa biographie. Il a de nombreuses révélations à faire sur son ex-employeur.       
Titre : Best Seller

Scénario : Larry Coen

Réalisation : John Flynn

Sortie : 1987
Tous Droits Réservés
Best Seller est un film des années 80. Cela ne suffit pas à le définir, mais plus on s'éloigne de cette décennie et mieux - le recul aidant - on comprend ce qui caractérise un très grand nombre de films (policiers en particulier) réalisés durant cette période. Les scénarios sont souvent simples, on est loin en tout cas des intrigues virtuoses de beaucoup de films des années 90 (Usual suspects, Seven, Wild things...), la réalisation plutôt froide (même si chaque réalisateur a évidemment son style) et on ne voit encore que très peu l'utilisation de techniques esthétiques dont l'avènement correspond au début des années 90 (Fincher, Woo...).

Un certain nombre de contre exemples existent bien sûr (Lynch avec Blue velvet, De palma avec Scarface ou Les Incorruptibles), et on peut certes dire que Peckinpah et Boorman n'ont pas attendu les révolutions technologiques pour innover en matière de réalisation (montage, ralentis...). Mais, bien que les frontières temporelles soient plus arbitraires que significatives de démarches artistiques très différentes, il est rare de ne pas se dire dès les premières minutes d'un film policier des années 80 : "ça doit dater des années 80".

Sans être virtuose et alambiqué, le scénario de Best Seller est très original. Tout d'abord, le personnage de Meechum, flic et écrivain ; on a déjà vu des histoires où un auteur de best sellers n'arrive plus à écrire une ligne (voir l'excellent Mort à l'arrivée), le fait que ce personnage soit un flic complique les choses. Brian Dennehy interprète ici un rôle dur ; Dennis Meechum ne fait aucune concession, il se veut résolument du côté de la justice. Sa femme est morte quelques années auparavant, il vit avec sa fille et donne l'impression d'encaisser et de rester droit malgré tout.
Dennehy est remarquable, lui qu'on n'a jamais assez vu et qui a pourtant définitivement la carrure des plus grands. Il n'est peut-être pas dans un registre très différent de ses autres rôles, mais il est physiquement taillé pour ces personnages et ce jeu, tout de puissance contenue prête à exploser. Il fait de Meechum un flic très impressionnant.

Face à lui, le tueur Cleve devrait être totalement opposé dans son comportement, dans sa vision du monde. C'est un point important du film ; James Woods, un peu différent de ce qu'on l'a vu faire ailleurs, oscille entre froideur et cynisme lorsqu'il accumule les cadavres en professionnel, et entre humour et chaleur à l'égard du flic avec qui il s'est associé.

Un duo hétéroclite est souvent une bonne base pour un scénario (les différences entre les personnages les amènent à des confrontations, ils ont un but commun et on se demande s'ils peuvent surmonter ce qui les sépare). Ce qui est intéressant ici, c'est le caractère malsain de cette association. Woods essaie de convaincre Dennehy qu'ils ne sont pas si opposés ("tu es un tueur aussi"), mais il lui refusera toujours cette assimilation. En flic, il garde ses distances là où le tueur, sans qu'on sache exactement pourquoi, tente par tous les moyens de combler ce fossé (voir la scène assez émouvante où Cleve offre une montre à Dennis). En fin de compte, s'ils se ressemblent, ce n'est peut être pas sur les points que voit Woods, il découvrira à la fin que c'est en fait lui qui n'est pas si opposé au flic.

L'aspect malsain de cette histoire s'appuie sur une réalisation habile. On s'attache très rapidement au personnage de Cleve et ce n'est qu'au fur et à mesure de l'avancée du film qu'on découvre ce qu'il est, et ce dont il est capable. A l'instar de Meechum, on est forcé d'admettre qu'on "l'aime bien", malgré ce qu'on sait.

Best Seller est un film d'acteurs avant tout, et John Flynn a l'intelligence de les laisser jouer à travers des scènes qu'il ne faut pas hésiter à qualifier d'anthologiques.
Un mot sur la bande originale ; là encore pas de surprise, nous sommes en 1987: musique électronique à base de synthétiseurs ; elle colle parfaitement au film.
Alex SUMNER
(26 mars 2001)

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