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Hors de l'Ombre : Littérature
Aucune bête aussi féroce
Max Dembo, taulard et multirécidiviste, arrive enfin au bout du cauchemar : la société contre laquelle il s´était toujours insurgé lui offre une chance supplémentaire de devenir un citoyen modèle. Après huit années passées entre quatre murs, le voilà en liberté conditionnelle. Avec 30 billets verts en poche, Max cherche à être comme tout le monde : job, domicile fixe, voiture, femmes... Pour cela il compte sur sa famille, la seule qu'il n'ait jamais connue : les truands, braqueurs, prostituées et toxico. Pas évident pour reprendre le droit chemin...
Titre : Aucune bête aussi féroce

Auteur : Edward Bunker

Editeur : Rivages Noir

Sortie : 1992
Tous Droits Réservés
Qui n'a jamais rêvé d'être dans la peau d'un truand, craint de tous, connaissant toutes les combines, dans le Los Angeles des années 60 ? Pas vous ! Et bien voilà venue l'occasion d'assouvir ce petit fantasme. A travers ce roman noir, ce n´est pas de l'extérieur que l'on voit la scène, tel un big brother ou téléspectateur de loft story, non, vous êtes dans la peau de Max, vous voyez la vie à travers ses yeux.

Tout commence par le réveil matinal dans une prison de Los Angeles. Le bruit des portes en acier qui se déverrouillent, les prisonniers qui sortent de leur cellule et se postent devant, dans le couloir, sans bouger ni parler. Juste le temps pour Maxwell Dembo de faire une petite toilette et de se raser une dernière fois. Une fois dans la cour de promenade, les prisonniers se mettent à discuter dans un vacarme, sous l'oeil des gardiens, sans se soucier des nouveaux pensionnaires du couloir de la mort qui traversent la cour chaînes aux pieds et tête basse. Max arpente pour la dernière fois les murs de la cour discutant avec Aaron, un Black de ses amis condamné à perpette. Des tas de questions lui traversent l'esprit : va-t-il réussir à tourner la page et se comporter en citoyen honnête, va-t-il pouvoir comprendre la société dans laquelle il devra se réinsérer, ne va-t-il pas échouer dans sa liberté conditionnelle. 'Jamais!', c'est la dernière fois qu'il tombait au trou, finies les conneries. Aaron a confiance en sa réussite. Il en profite pour demander une faveur à son ami : si jamais le tribunal refusait sa remise en liberté conditionnelle, Max pourrait-il l´aider à s'évader ? La réponse venait d'elle même...

Voilà, l'intrigue est posée. Max Dembo, braqueur depuis son enfance et ne sachant rien faire d´autre, désire profondemment se réinsérer parmi les gens normaux, mais avant même de sortir au grand jour, il court le risque de se remettre en infraction. A ce moment là, le lecteur est sûr qu´il va lâcher sa liberté conditionnelle d'une manière ou d´une autre, oui, mais quand et comment ?
C'est cette question qui fait tout l'intéret de la première partie, le suspens est toujours présent. Ne connaissant personne à part des truands, Max est en permanence sur le fil du rasoir. Son responsable, l´odieux Rosenthal a le pouvoir de le remettre en cabane dès que l´occasion se présente.
L'inévitable arrive, Max Dembo lâche sa conditionnelle et prend la fuite, devenant ainsi un homme recherché par toute la police du comté. S'en suit un récit précis de la vie d´un braqueur en cavale, montant de petits coups à droite et à gauche en attendant celui qui lui permettrait de fuir le continent et de s´installer à l´abri de toute flicaille.
Et ce fameux Big One voit le jour : en compagnie de deux acolytes, Max se lance à l'assaut d´une bijouterie. Estimation : un demi million de dollars en diamant, de quoi voir venir...

L'auteur, ex-taulard (lui aussi décidemment...), nous offre un polar digne d´un bouquin d'analyse psycho-sociologique des bas-fonds du L.A. des 60´s. Du début à la fin, il alterne avec précision reflexion sur lui-même et sur les autres, avec le détail des moindres raisons de ses faits et gestes (ainsi que ceux des autres).
Heureusement, l'auteur ne s'arrête pas à cette analyse, il nous offre une vue tout aussi détaillée de la cité des anges, telle que la voit Max après les huit ans passés derrière les barreaux : le jour, une fourmillière peuplée de gens ordinaires, menant une vie ordinaire, sans ennuis... une vie chiante. La nuit tombée, les lumières des lampadaires conjuguées aux phares des voitures, font ressembler la ville à un parc d'attraction où les truands sont les rois... Comment résister alors à la tentation de retourner du 'mauvais' côté ? Si vous ajoutez à cela le personnage de Rosenthal, le responsable de conditionnelle, vous comprendrez mieux les raisons qui ont poussées Max à prendre la fuite pour redevenir ce qu'íl a toujours été : un braqueur sans états d'âme ou presque.

On y retrouve tous les lieux habituels du polar angeleno, le Sunset, Hollywood, San Quentin, Wilshire, etc... Une bonne dizaine de personnages évoluent dans ce décor, tous ont une histoire chargée de son lot de macabreries, tous sont ou prostituées, ou toxicos, ou braqueurs, mais tous ont ce petit truc qui les rend attachants (difficile de dire quoi dans cette multitude d'ordures).
Bref vous l'aurez compris, c'est un roman très Ellroyen, rien d´étonnant donc que ce soit "The Dog of L.A." himself qui ait rédigé la post-face.     
Vincent LAPERE
(19 juillet 2001)

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